Longtemps, j'ai longé des quais en souhaitant rater les trains. Maintenant j'attends les trains. J'y regarde encore les femmes, leurs chevilles qui glissent, leurs cheveux qu'elles attachent par des ruses de magnétiseur, parfois juste le bruit de leurs pas. Tu sais cela. Mais j'attends un train. Je regarde aussi les tristes, celles qui rentrent tard, toujours trop tard, leur air las, leur fatigue, l'énorme poids d'ennui qu'elles laissent voir, mais j'attends mon train. Je rentre. Je suis presque là.
[ lui - 2/02/2005 ]