Les joies du retour
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Je rentre à la maison. Tu n’es pas là : mais tu as laissé quelques traces de ton passage. C’est mon premier travail de les découvrir : tiens, un livre, une note devant l’ordinateur, la couette maladroitement repoussée, le téléphone déplacé. Je reconstitue ta matinée : je me trompe probablement, mais qu’importe je ne suis pas inspecteur de police, je n’ai pas de rapport à écrire, je n’ai qu’à jouir du plaisir de la reconstitution. Tiens, jouir, en voilà une idée : je me glisse dans le lit, je regarde attentivement si on peut encore y voir ta forme. Sent-on l’odeur de la mousse à raser sur l’oreiller ? S’il vous plaît, faites qu’on la sente. Je m’installe, me caresse, me frotte, je recule le moment de jouir qui vient au bout d’une minute ou deux : je t’imagine fou de désir pour la pute que j’aimerais être, prêt à payer des prix insensés, rien que pour me prendre une fois dans les toilettes d’une gare. Cette piste me fait jouir, plus vite que je ne le voulais. Bien sûr les toilettes d’une gare, c’est si bon, pourquoi n’avais-je pas imaginé un tel scénario plus tôt ? La pute. La gare. Ta queue qui n’en peut plus. Je m’endors pour quelques minutes : je suis rentrée à la maison. [ elle - 4/02/2005 ]
 






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