Les surprises de l'amour
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Parfois nous traînons dans Paris, le temps d'un rendez-vous, d'un restaurant, d'une expo, des livres à acheter, etc. ; la journée s'est allongée, nous sommes fatigués, encore plus épuisés à l'idée de rentrer. Mais il y a surtout que nous sommes restés l'un près de l'autre, toute la journée à s'épier, se chercher, se toucher, se caresser, il y a aussi toutes ces belles femmes que j'ai vues, que j'ai désirées, que je t'ai montrées pour partager avec toi le plaisir de voir leurs jambes s'éloigner, leurs gestes pour s'attacher les cheveux en attendant le bus, leurs jupes – et tu sais comme j'aime partager ces regards avec toi, comme tu me rends libre, léger en bénissant mon désir pour les autres, désir futile, sans aucune espèce d'importance, distraction, clin d'oeil à la beauté. Ces journées finissent par nous charger, comme le nuage d'un mois d'août, doucement, puis tout s'assombrit et il faut alors qu'en un éclair il trouve à se décharger. Cet instant là : plus aucune prudence, l'urgence pour nous deux. Je te tire par le bras, j'ai repéré une porte d'immeuble ouverte, dans la cour des bureaux, nous revenons sur nos pas, un hall accessible, des travaux sont en cours, je te pousse jusqu'au premier. C'est un bel étage, large, les vitres du hall montent jusqu'à lui, on aperçoit l'entrée. Deux portes. Derrière la première on perçoit au loin des conversations de bureau, avocats ?... Je te prends là, sans hésiter, juste le temps d'enlever ta culotte, de la ranger dans mes poches. Tu es debout, les bras accrochés à la rampe, baissée, je m'accroche à ta jambe que je relève, tu bouge en rythme, presque désarticulée, tu laisses les choses se faire, tu veux les sentir monter. Je te regarde et je me sens là, dressé, au centre d'une plateforme, nous sommes seuls au milieu du monde. Essoufflés déjà nous avançons vite, l'un avec l'autre, je te sens pressée, gourmande de jouir. Au rez-de-chaussée passent deux hommes qui parlent, un temps d'arrêt, je reste blotti tout au fond de toi. Nous reprenons notre cérémonie, quelques coups plus forts, nous gémissons ensemble et j'imagine déjà la petite tâche qui s'évaporera derrière nous, qui partons les jambes molles, le visage rouge, le ventre vide. [ lui - 8/02/2005 ]
 






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