Au milieu de mes cauchemars sanglants s'est glissé par erreur un rêve érotique. Je profite de ce dérapage : je m'y livre toute entière, la nuit et le jour qui suit.
Je suis d'abord dans un cinéma porno, un complexe gigantesque, un Gaumont du cul. De nombreuses filles sont installées autour de moi. Je sens confusément que nous sommes en réalité des milliers dans cette salle. Le film commence, bien que les lumières soient encore allumées. Alors, sans aucune retenue, toutes ces filles commencent à se caresser les unes, les autres. Elles descendent leurs jeans (magnifiques, des milliers de filles en jeans comme moi, pas l'ombre d'une jupe en satin, je vois même du velours côtelé à ma droite, c'est décidément un rêve).
Au bout d'un moment, je me lève et me dirige vers une sorte de théâtre d'un nouveau genre c'est là que le rêve devient vision, je ne suis pas loin de déposer un brevet un théâtre, dis-je, où une vingtaine d'acteurs est à la disposition d'un unique spectateur, moi, en l'occurrence (on a dit qu'il s'agissait d'un rêve). Je dois décrire mes fantasmes et les acteurs les réalisent sous mes yeux avec la plus grande docilité (c'est que je me paie le luxe d'une mise en abyme, avec ça). J'endosse le rôle de metteur en scène avec une certaine réticence au départ. Quelques filles, là, c'est bien, oui, en tas, les unes sur les autres, allez pelotez-vous, mes filles, voilà, c'est bien ainsi. Je prends de l'aisance. Au centre, je décide de mettre... non pas du
chameau, du
gode, bien sûr : j'interviens et je mets du gode, comme toujours. Des filles qui se prennent, en veux-tu, en voilà. Et à droite de la scène une fille, qui se fait "copieusement" prendre, troncher, exploser par au moins cinq ou six gars. Et moi dans toute cette histoire, n'aurai-je pas un petit rôle à la fin ? Un homme musclé, mince, habillé d'un slip vert années soixante-dix (qu'est-ce qu'un slip des années soixante-dix, au juste ?), un slip trop bas, disons, qui laissent voir des hanches fines et quelques poils appétissants, des cheveux un peu trop longs (décidément, il a dû jouer dans
Emmanuelle, celui-là, avec ses boucles et sa moustache), bref, ce bon fantôme s'approche, me glisse quelques mots bienveillants et prometteurs puis me prend sans chichis.
Je me réveille.
[ elle - 7/05/2005 ]