L'homme – « le mâle » – manque d'imagination sexuelle, plus précisément il en manque à son propre égard, car, avec un peu d'éducation, il trouve les chemins de la variation pour l'orgasme féminin. Il lui faut du temps, des conseils et de la patience, mais il progresse. En revanche, il s'aventure bien rarement sur ses propres terres. Manque de curiosité ou accablant conformisme ? Sens transcendant des responsabilités ? Quelque chose l'en empêche... Et si jamais il succombait oserait-il l'avouer à ses amis ? Je me souviens très bien d'un de ceux-là qui n'osait justement pas dire à sa copine qu'il voulait qu'elle s'aventure en lui et derrière lui. Un autre qui balaye largement l'espace de sa main pour conclure d'un ton péremptoire : « je suis un conservateur dans ce domaine ». Mais à quoi bon conserver ? Jouons !
1. Le dégel du gland : un peu à l'image du clitoris, cette fine pointe de la bite est le siège de sensations aussi fortes que délicates à contrôler. A réserver aux mains modelées à l'objet, le gland ne doit pourtant pas être abandonné par facilité au profit de la tige. Puisqu'il faut jouer, tu t'approches, tu ouvres le flacon, tu en verses un peu dans ta main et tu m'huiles. Tu me mouilles pour moi comme tu mouilles pour moi. Tu m'englisses et je m'échappe. Plus tes pressions sont fortes et plus mon gland éclot, il sort, s'ouvre et vibre à chaque balancement du poignet. Au juste je ne sais pas, je ferme les yeux et je m'imagine fille-portée-par-le-plaisir, plus qu'un corps innervé, métronomisé par ton rythme. Tu fais de moi ce que tu veux. C'est moi dans ta paume. Tu me prends. La « branlette au gel » me fait entrevoir un bout de ce qu'est « ton plateau », là où tu dis être quand je m'attarde lentement à aller en toi et que je te laisse au bord du précipice.
2. Le bouchon sous pression : bien pire, « l'olive pâmée » est tabou. Quel homme ose tendre ses fesses et les offrir humblement ? Se laisser explorer ? J'aime quand tu décides ainsi de me prendre et que je me livre à toi. J'aime aussi faire mon satyre, lorsque certains soirs j'arrive, enragé de désir et que je décide froidement non pas de te prendre, mais de le faire en ayant pris le soin de m'enfoncer doucement notre petit jouet noir en moi. Je sais déjà que les décharges vont s'amplifier, qu'elle remonteront des reins vers mon dos, qu'elles tendront tout dans une crampesque jouissance, pétrifié, jouissant, t'aimant toi et la liberté que notre amour me donne.
[ lui - 20/06/2005 ]