Perrier
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Une inconnue, assise dans le train, une jupe très courte que laisse voir un manteau ouvert. Mes yeux ne voient que ses cuisses, comme coupées du reste. Leurs mouvements laissent la place à une main imaginaire, elles se penchent, elles s'écartent un peu, je suis leur balancement. C'est à ce moment là qu'elle place haut entre ses cuisses une bouteille d'eau, que j'imagine humide et fraîche, elle resserre ses jambes pour la tenir. Je n'y vois pas un symbole phallique, j'y vois un sexe, tendu, vibrant, pétillant ? [ lui - 14/04/2005 ] permalien
Camping
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Il était très étrange ce camping, complètement implanté en terrasse sur un terrain presque vertical, une trentaine de toiles, suspendues de ci, de là, les unes au dessus des autres. La mer en face exhibait sa platitude de merveille : un camping finalement pas si dégoûtant que ça. Il était tout de même un peu triste parce que c'était la remontée et, par lutte, pour prolonger cette journée, nous nous étions résolus à faire quelques pas avant d'abandonner et d'admettre que le lendemain ce serait bel et bien le retour.

C'était tentant ces terrasses, scènes ovales, enfoncées à moitié dans les buissons. « Pour public, nous aurions la mer. »

Je t'ai serré dans mes bras, j'ai ouvert ton pantalon et je l'ai baissé sans hésiter – ou bien j'ai relevé ta jupe ? Je ne sais plus, mais je me souviens encore de mes genoux posés sur l'herbe : je t'ai planté en moi devant moi, j'ai avancé, je sentais notre nudité et le vent qui venait la souligner, je me souviens de notre souffle retenu, du bruit de la mer, en dessous, de tes hanches auxquelles je me tenais pour continuer d'avancer et de la lumière d'orage qui nous a fondu en un tous les deux.

[ lui - 5/04/2005 ] permalien
Improbable
C'est samedi soir, au loft (il faudra que j'en reparle), la soirée commence à peine et nous allons faire un tour dans la chambre. La pièce est encore vide, une femme suce lentement un homme, un solitaire les regarde, il ne tardera pas à les rejoindre. Nous sommes assis un peu plus loin, tu commences à me carresser doucement lorsque l'improbable arrive : un couple sort des toilettes... l'air presque coupable, génés : hiatus inimaginable, un comique pur, iréel. [ lui - 28/03/2005 ] permalien
Ma sage
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J'ai cherché l'endroit. Une rue que je connais depuis longtemps (je t'ai avoué ces moments sombres, c'est un souvenir commun maintenant). L'affaire est entendue : nous attendons l'heure en buvant un café dans un bar plutôt sordide. Je te connais bien, toi et ton visage dans les lieux sordides. Tu aimes les hôtels de passe et toujours j'ai aimé chez toi cette capacité à entrer dans les salles sombres, sans hésiter. Aujourd'hui personne ne sait ce que nous nous apprêtons à faire. Les hommes te matent par habitude, parce que ce serait dommage de ne pas chercher un bout d'excitation, un coup d'oeil, une rasade, le coude bien accroché au comptoir. Ils ne savent pas que tu seras bientôt nue et moi cette pensée me hante, elle ne me quitte pas, ils ne savent pas ce que nous fomentons, que tu mouilles déjà, que je suis tendu depuis longtemps, que nous tremblons par provision, je me laisse envahir par l'idée que cette ivresse ne se voit pas.

Un peu après je me revois assis, sur une sorte de tabouret, une toute petite chose, bien calé contre le mur, tout au fond de la pièce, presque caché, oubliez-moi, faites, je vous regarde, en pensée je sors mon sexe, je vous regarde, faites, faites...

Tu es couchée, elle est sur toi, te prends une jambe et commence ses mouvements, sa danse, sa petite chorégraphie. Vos membres bougent, se touchent, j'entends ton souffle, il me porte et m'aide à sentir, moi aussi, cette femme qui se plaque sur toi. Vous êtes deux ombres, nues, le mur me pousse vers vous, je voudrais me vautrer à l'infini dans votre alliance, et puis pourtant se retenir, rester là à contempler et savoir que ces images me nourriront longtemps encore.

Jouis, jouis encore, entre les jambes des femmes, sous les coups des hommes, contre les murs, jouis, jouis devant moi, tu seras la peinture impie que je contemplerai toujours.

[ lui - 23/03/2005 ] permalien
23h56
23h56, je vais encore me faire prendre de l'autre côté de minuit... [ elle - 20/03/2005 ] permalien
Téléphone
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Nous poussons la porte de l'hôtel, déterminés, la formule – toujours la même : « une chambre pour un moment ». Nous montons, l'ascenseur, rajouté à un édifice qui n'en voulait pas, semble ridiculement étroit, pourtant, nous ne nous touchons pas, seulement le regard. Tu repousses la porte et nous sombrons l'un dans l'autre. Un peu plus tard je me revois, sur le bord, couché, nu, ta main tout contre. Nous allons nous rafraîchir, mais sous la douche je sens mon désir renaître : je suis pris de l'envie de t'écraser et de t'écarter contre les carreaux blancs, j'entre, presque durement à cause de l'eau, je me sens porté par des ondes profondes, après avoir joui je reviens lentement au monde, je sens de nouveau l'eau couler sur nous. Il nous faut nous allonger encore. C'est là qu'il sonne : « pardons, mais il faudrait penser à libérer la chambre... » [ lui - 14/03/2005 ] permalien
Atterris
Avons atterris, déboussolés un temps, chargés d'émotion, toujours électriques. [ lui - 14/03/2005 ] permalien
Retour ?
Le reste, la suite, les souvenirs, c'est promis, tout ça à notre retour, manière de continuer à construire bout à bout notre plan d'occupation des sexes. [ lui - 17/02/2005 ] permalien
Préparons nous
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Nous partons, samedi, pour deux semaines d'amours intenses. Ce sera loin, ce sera chaud, ce sera fou, ce sera nous, ce sera long, ce sera le temps qu'on a, ce sera tout ce que tu voudras. Ne rien oublier, faire ses préparatifs méticuleusement. J'ai toujours aimé cette atmosphère trouble qui surgit lorsqu'on prépare lentement, avec calme, ce qui nous fera sombrer quelques heures plus tard. Le pressentiement de la chute. La pente qu'on s'est préparée à soi-même. C'est une des choses que je préfère dans les soirées troubles : le calendrier, on a décidé que vendredi nous ferions l'amour au milieu de 100 personnes. Cela peut sembler artificiel, et bien, justement, cette artificialité nous hausse au-dessus de tout et l'amour bestial devient amour. [ lui - 16/02/2005 ] permalien
Saint Glinglin
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"Il y a des terreurs que je ne veux pas subir" (celle-là aussi traîne dans les livres tristes que j'aime). Oui, il y a des terreurs que je ne veux pas subir, comme celle qui consiste à faire la queue chez un fleuriste devant 3 hommes et derrière 4 autres, au prétexte de fête de l'amour, au prétexte de faire 30% du chiffre d'affaire du mois sous les auspices du saint Valentin. C'est quoi l'amour ? Acheter ? Acheter un bijou et la paix avec les mêmes billets, la même carte super-gold-man ? La paix des ménages ? Se sentir aimée parce que monsieur costard est rentré moins tard, a apporté des chocolats, qu'il a rogné sur l'argent qu'il mettait de côté pour le prochain palm... Allez, on la leur laisse leur saint glinglin, ce soir la fête de l'amour sera sobre chez nous : une bonne série de fessées quand je te coincerai dans la cuisine, un massage à l'huile d'amande et une levrette à casser le mur d'en face. Saint Gland, priez pour notre amour ! [ lui - 14/02/2005 ] permalien
Nos coins sombres
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C'était la lumière, la musique et sur un coup d'oeil nous nous écartons pour aller dans le coin sombre, un couloir, il fait chaud, de plus en plus chaud. Maintenant on ne peut plus faire comme si nous n'entendions pas ces soupirs, les souffles et les bruits de l'amour. Combien de lieux traversés comme cela, la main dans la main ? On commence à deviner les premières figures, je te fais passer devant moi, nous devrons les frôler, chercher une place, nous installer contre un mur d'abord, quand tu enlèveras le premier bouton mon sexe sera déjà sorti, tendu, mon souffle déjà court, à nous de les rejoindre. [ lui - 12/02/2005 ] permalien
Ce soir
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Tout à l'heure, je vais quitter le bureau. Nous irons dans la chambre et là je m'abandonnerai à toi. Certains soirs tu veux tenir les commandes, complètement. Il y aura peu de lumière, tu prendras mon sexe dans ta bouche, longtemps. Tu étaleras ensuite sur mon gland un peu de gel. Un frisson pour ce contact froid et puis je sens ta main m'enserrer et glisser, j'ai l'impression d'avancer, je voudrais tenir tout entier dans ta paume. Tu serres plus fort, tu t'amuses à la faire gonfler. Tu seras là, dans ces gestes : t'appliquer à faire jouir. Tu attendras que mes reins se relâchent après quelques ultimes tremblements et mes soupirs d'abandon. [ lui - 10/02/2005 ] permalien
Seconde surprise de l'amour
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J'ai d'autre surprises en tête. Dans nos commencements, il y a eu cette fête de la musique. Nous n'aimons ni l'un, ni l'autre ces soirs là, mais nous étions sortis dîner. Nous ressortons du restaurant déjà passablement excités par notre conversation, nous nous arrêtons devant une scène, la première, au milieu de la foule. J'ouvre ton pantalon : le premier bouton suffit, je passe ma main, j'enveloppe ton sexe au-dessus de ta culotte. Le tissus est un allié : je peux appuyer, écarter, tapoter et commencer sans crainte les petits cercles nerveux qui font pointer ta chair. Tu commence à peser sur moi. J'aime cette intimité qui se construit entre nous au milieu des autres, je te prends dans mes bras, tu es devant moi, personne ne peut savoir que tes jambes te quittent et que, moi, pour mieux te sentir j'ai glissé mes doigts sous le tissus pour goûter l'humidité chaude qui t'habite. A ce moment là je sais que ce n'est pas la foule qui m'excite, c'est la suspension, le sentiment d'être suspendu à toi, la seconde surprise de l'amour : il y a la musique, il a cette vie autour et nous, détachés, complètement détachés, comme si on nous avait posés là, tous les deux, pour nous aimer. [ lui - 9/02/2005 ] permalien
Les surprises de l'amour
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Parfois nous traînons dans Paris, le temps d'un rendez-vous, d'un restaurant, d'une expo, des livres à acheter, etc. ; la journée s'est allongée, nous sommes fatigués, encore plus épuisés à l'idée de rentrer. Mais il y a surtout que nous sommes restés l'un près de l'autre, toute la journée à s'épier, se chercher, se toucher, se caresser, il y a aussi toutes ces belles femmes que j'ai vues, que j'ai désirées, que je t'ai montrées pour partager avec toi le plaisir de voir leurs jambes s'éloigner, leurs gestes pour s'attacher les cheveux en attendant le bus, leurs jupes – et tu sais comme j'aime partager ces regards avec toi, comme tu me rends libre, léger en bénissant mon désir pour les autres, désir futile, sans aucune espèce d'importance, distraction, clin d'oeil à la beauté. Ces journées finissent par nous charger, comme le nuage d'un mois d'août, doucement, puis tout s'assombrit et il faut alors qu'en un éclair il trouve à se décharger. Cet instant là : plus aucune prudence, l'urgence pour nous deux. Je te tire par le bras, j'ai repéré une porte d'immeuble ouverte, dans la cour des bureaux, nous revenons sur nos pas, un hall accessible, des travaux sont en cours, je te pousse jusqu'au premier. C'est un bel étage, large, les vitres du hall montent jusqu'à lui, on aperçoit l'entrée. Deux portes. Derrière la première on perçoit au loin des conversations de bureau, avocats ?... Je te prends là, sans hésiter, juste le temps d'enlever ta culotte, de la ranger dans mes poches. Tu es debout, les bras accrochés à la rampe, baissée, je m'accroche à ta jambe que je relève, tu bouge en rythme, presque désarticulée, tu laisses les choses se faire, tu veux les sentir monter. Je te regarde et je me sens là, dressé, au centre d'une plateforme, nous sommes seuls au milieu du monde. Essoufflés déjà nous avançons vite, l'un avec l'autre, je te sens pressée, gourmande de jouir. Au rez-de-chaussée passent deux hommes qui parlent, un temps d'arrêt, je reste blotti tout au fond de toi. Nous reprenons notre cérémonie, quelques coups plus forts, nous gémissons ensemble et j'imagine déjà la petite tâche qui s'évaporera derrière nous, qui partons les jambes molles, le visage rouge, le ventre vide. [ lui - 8/02/2005 ] permalien
La tige ronde et rose
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Ce qui est beau c'est la gratuité du geste : on peut avoir du goût et penser le design d'un gode. L'oeil peut se glisser partout. Je pouvais croire avant que tous les godes s'équivalaient, que, bien entendu, il y avait une hiérarchie, elle se construisait autour de critères simples et claires : on y parlait diamètres, vibrations, longueur, consommation, piles, textures. L'homme aime la technique, il doit trouver cela rassurant, il imagine tout de suite le sermon du représentant : "du pure latex, on ne fait pas mieux". Tu m'as appris que non, que ces choses pouvaient vraiment être belles ou non, que leur apparence valait la peine qu'on y réflechisse. Ressemblant il n'est pas beau, il fait justement "faux", pas envie de jouer avec, pas envie de lui, pas envie d'une tige en plastique, même toujours dure et prête, rose ou non. Alors, tous les deux, nous avons déniché cette petite merveille : deux petites têtes rondouillardes, des yeux prêts à chatouiller, des mouvements de danseuses orientale ivre et des commandes qui font rêver: "twist and shake". [ lui - 7/02/2005 ] permalien
Vendre et promettre le plaisir
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Le marketing est une merveille et qui pourrait résister à un tel slogan : "Drive your woman crazy with private's vibro-sleeve" ? De quoi passer outre l'idée déplaisante du gadget, de l'appendice, de la béquille... et décider tout simplement de jouer ensemble. Je me dresse devant toi, le sexe droit, discipliné, prêt lui aussi à jouer le jeu, j'enfile ce petit objet bleu, souple et glissant, je l'allume, j'entre en toi, je t'écrase et nous partons avec entre nous cette petite vibration, ton visage envahi par l'envie de crier, mes bourses serrées par la chose qui explosent de plus loin, plus longtemps, on se regarde tous les deux, surpris, bluffés, prêts à recommencer... [ lui - 5/02/2005 ] permalien
Les joies du retour
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Je rentre à la maison. Tu n’es pas là : mais tu as laissé quelques traces de ton passage. C’est mon premier travail de les découvrir : tiens, un livre, une note devant l’ordinateur, la couette maladroitement repoussée, le téléphone déplacé. Je reconstitue ta matinée : je me trompe probablement, mais qu’importe je ne suis pas inspecteur de police, je n’ai pas de rapport à écrire, je n’ai qu’à jouir du plaisir de la reconstitution. Tiens, jouir, en voilà une idée : je me glisse dans le lit, je regarde attentivement si on peut encore y voir ta forme. Sent-on l’odeur de la mousse à raser sur l’oreiller ? S’il vous plaît, faites qu’on la sente. Je m’installe, me caresse, me frotte, je recule le moment de jouir qui vient au bout d’une minute ou deux : je t’imagine fou de désir pour la pute que j’aimerais être, prêt à payer des prix insensés, rien que pour me prendre une fois dans les toilettes d’une gare. Cette piste me fait jouir, plus vite que je ne le voulais. Bien sûr les toilettes d’une gare, c’est si bon, pourquoi n’avais-je pas imaginé un tel scénario plus tôt ? La pute. La gare. Ta queue qui n’en peut plus. Je m’endors pour quelques minutes : je suis rentrée à la maison. [ elle - 4/02/2005 ] permalien
Fusion
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« Il est dangereux d’aimer la vie à travers la vie, les choses à cause d’un seul être. Quand cet être nous est retiré il ne nous reste rien à quoi nous raccrocher ». Que les livres que tu lis sont tristes. J’aime te courir après en les lisant à mon tour, en t’y cherchant, en essayant de lire ce que tu y as lu, en méditant à tes secrets. [ elle - 4/02/2005 ] permalien
La "couche"
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L’amour tous les soirs, dans « la couche ». L’amour au quotidien. Le bâclé pour se vider les couilles. Le soigné. Le brutal. L’ensommeillé. Le doux et amoureux. Le pas comme d’habitude. Le avec une grosse pelle en m’écrasant bien contre les draps. Le fougueux, le marie nympho juchée sur son pieu. Le sado. Le maso. Le tout accessoire. Le bonus éjac faciale. La pipe, la bonne pipe où tu te laisses aller. La pipe bon boulot. Le qui va dans tous les sens et même que la lampe de chevet finit par tomber. Toutes ces petites habitudes ne sont qu’à nous deux. Quant au gros matou, il ne sait toujours pas pourquoi il nous faut tant de tours de tapis et de miaulements pour nous endormir. [ elle - 4/02/2005 ] permalien
Les soirs au bout du couloir
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Certains soirs, nous passons des heures éloignés : tu dors, je travaille, un couloir entre nous. J'aime ces moments quand je prends le temps de penser à toi. Il y a la concentration, l'oubli, la nuit qui donne peu à peu l'impression qu'on avance mieux, plus léger (comme j'ai aimé cette phrase de Kafka, "à plusieurs reprises cette nuit, j'ai porté le poids de mon corps sur mon dos") et puis l'espace qui continue à se matérialiser dans mon esprit, je me sens courbé et derrière les pièces et ce lien qu'est le couloir, derrière les portes, là-bas, tu dors, je le sais, je suis déjà dans cette chaleur. [ lui - 2/02/2005 ] permalien
Sur les quais
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Longtemps, j'ai longé des quais en souhaitant rater les trains. Maintenant j'attends les trains. J'y regarde encore les femmes, leurs chevilles qui glissent, leurs cheveux qu'elles attachent par des ruses de magnétiseur, parfois juste le bruit de leurs pas. Tu sais cela. Mais j'attends un train. Je regarde aussi les tristes, celles qui rentrent tard, toujours trop tard, leur air las, leur fatigue, l'énorme poids d'ennui qu'elles laissent voir, mais j'attends mon train. Je rentre. Je suis presque là. [ lui - 2/02/2005 ] permalien
Dans la cuisine
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Tu viens m'y chercher, tu tournes autours de moi, tu te frottes. J'aime ces danses, ces figures, cette facilité que tu as à renoncer à tous les prestiges de la pose, tu ne veux rien prouver sinon que tu es là pour moi, devant moi, proprement offerte. Animale, très exactement animale : le cul tendu, les mains qui cherchent, tes jambes qui entourent, une fesse qui se montre, des propositions indécentes. Tu me cherches, ma délicieuse, et tu sais que je te rejoindrais toujours. [ lui - 2/02/2005 ] permalien
L'autre, la première fois
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Je me souviens que tout était beaucoup plus sombre dans cet endroit. Un fond de peur. Tu n'avais jamais vu ça. On ne savait pas. Et puis je t'ai vue, plaquée contre lui, les yeux fermés, j'ai cessé à la seconde de penser, les choses étaient là, toi contre lui, juste la présence d'esprit de sentir combien cela me plaisait et me sentir poussé par le temps. Je ne voulais plus, j'étais juste en face de toi, cela suffisait à tout. [ lui - 1/02/2005 ] permalien
Toujours jouer
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Je joue avec toi, j'aime te malmener comme une poupée, te toucher comme un petit animal de mauvaise compagnie, te palper pour imaginer le plaisir que va me donner ta chair. Tu es la petite femme objet qu'il me fallait, la petite dévergondée qui m'accompagne.

Et je sais que tu sais qu'il s'agit là d'une déclaration.

[ lui - 1/02/2005 ] permalien
Jouer avec toi
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J'aime jouer avec toi. Je crois que nous sommes joueurs, l'un et l'autre. C'est un attentat au sérieux. Prendre donc cela, tout cela avec ce ton, pas un autre. [ lui - 1/02/2005 ] permalien




Chapitre suivant («Ch. 2 : Attouchements»)



 
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